

Etant donné que Jésus était venu sur terre pour faire la volonté de Dieu, nous pouvons trouver étrange qu’il ait prié de la sorte. Pourtant, cette prière met en lumière une distinction importante. Il pouvait bien entendu prier que la coupe s’éloigne de lui, tandis qu’il était vraisemblablement impensable qu’il demande de se dérober et de se soustraire à la réalisation de la volonté de Dieu. La coupe est, pour ainsi dire, inférieure à cette volonté. Elle représente le moyen par lequel la volonté divine s’accomplit et s’exprime – dans ce cas précis, il s’agit de la mort sur la croix. Le Seigneur Jésus était pleinement préoccupé, non par les souffrances qu’il allait endurer, mais par le but qu’elles allaient lui permettre d’atteindre. Il a bu la coupe parce que c’était la volonté du Père, non parce que c’était la coupe.
Pour Jésus, « la coupe » était quelque chose devant quoi il reculait ; pour nous, cela représente plus souvent quelque chose sur lequel nous aimerions avoir prise. Le grand danger qui nous guette peut consister à nous accrocher dogmatiquement à une « chose » associée au plan de Dieu à notre égard. Même si la coupe est voulue par Dieu, nous devrions la considérer avec un certain recul. Ce n’est pas elle qui compte avant tout, mais la volonté de notre Père à réaliser dans l’instant présent.