

Dans sa détresse, cette femme cananéenne avait crié : « Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! » Ne s’agissait-il pas d’une prière remplie de ferveur ? Bien sûr que si ! Dans ce cas, nous aurions pu nous attendre à une réponse immédiate de la part de Jésus ; or, à notre grand étonnement, celui-ci « ne lui répondit pas un mot », comme s’il n’avait rien à lui dire, alors qu’il a rétorqué aux disciples qui se plaignaient de sa présence qu’il n’avait « été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Pourtant sa réponse aux disciples semble avoir fourni à la femme la clé pour s’approcher de lui de la bonne manière. En effet, il était « Fils de David » pour Israël uniquement ; les autres peuples ne pouvaient s’adresser à lui comme elle venait de le faire. La Cananéenne a pris conscience de ce fait et elle a changé de base pour lui parler, en l’appelant simplement « Seigneur ».
La première « réponse » que Jésus lui avait fournie pouvait passer pour un reproche ou un rejet. Mais en fait il l’aidait à le chercher, non sur la base d’un privilège auquel elle n’avait pas droit, mais sur la seule base de la grâce imméritée. La foi de cette femme a alors obtenu une réponse instantanée. Elle avait trouvé la clé.