

Si je venais vers vous avec de grands raisonnements, c’est-à-dire si je n’étais pas en esprit mais dans ma chair, dans mon moi, cela se terminerait peut-être par une dispute ou même de l’inimitié. C’est pourquoi il est encore écrit dans Romains 8 : « Or, ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous ” (v. 8-9). Il est dit plus loin : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez ” (v. 13).
Dans ce message, je n’ai délibérément pas mis l’accent sur l’importance de nous nourrir et de nous abreuver du Seigneur, parce que nous l’avons déjà souvent fait. Le manger et le boire reste pourtant une condition importante pour la croissance et le développement de la vie. Quand nous venons au Seigneur, quand nous jouissons de sa présence, nous expérimentons aussi toujours de la joie et de l’allégresse, le goût agréable et merveilleux du fruit de la vie. Dieu n’a pas donné la vie à Adam sous forme de comprimé, comme une « pilule de vie ” , mais sous la forme d’un délicieux fruit de l’arbre de la vie « agréable à voir et bon à manger ” (Gen. 2 :9). Un fruit doit avoir du goût et nous pouvons tous déclarer comme Pierre : « si vous avez goûté que le Seigneur est bon ” (1 Pie. 2 :3).
Cela ne veut pas dire que nous passerons nos journées sur un nuage. Car après le repas commence la vie pratique. Tu te souviens bien que c’était bon, mais le goût lui-même n’est plus là. Tu ne te régales pas pendant 24 heures par jour, tu sa-voures ton petit-déjeuner pendant une demi-heure, puis ton dîner pendant une heure et ton souper pendant une nouvelle demi-heure. C’est la durée pendant laquelle tu savoures ta nourriture, mais le reste de ta vie a un autre goût. D’une part, nous expérimentons allégresse, joie, rafraîchissement et puissant soutien, et d’autre part, nous expérimentons sur le sentier de la vie qu’il faut faire mourir les actions du corps et que cela implique aussi des souffrances : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui ” (v. 16-17). Et cette souffrance est « avec lui ” . Si tu souffres toi seul, et non « avec lui “ , alors ta souffrance est vaine. Souffrir avec lui signifie que ta souffrance a un sens, un but. Ce but est la gloire ! Paul n’a-t-il pas dit que c’est par beaucoup de tribu-lations que nous entrerons dans le royaume ? Certains prêchent un Evangile exempt de souffrance, mais un tel Evangile ne produit aucune gloire. Si l’Evangile est sans souffrance, il est aussi sans gloire. L’Evangile implique de « souffrir avec lui “ , mais il est plein de gloire. Nous sommes convaincus comme Paul « que les souf-frances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous ” (v. 18).