

Dans la maison de Corneille
Considérons maintenant un cas encore différent et souvenons-nous que notre Seigneur est toujours le même (Héb. 13:8), mais qu’il n’opère pas toujours de la même manière. Il s’agit de l’expérience du baptême du Saint-Esprit dans la maison de Corneille.
Les croyants juifs considéraient les païens comme des êtres impurs et souillés, mais Dieu voulait les faire participer aux bénédictions de la nouvelle alliance et les faire entrer dans le Corps de Christ. Dieu dut préparer l’apôtre Pierre en lui donnant une vision spéciale afin qu’il accepte de se rendre dans la maison de Corneille où des païens étaient réunis (Actes 10:9-33).
Alors que Pierre n’avait pas encore terminé son message, « le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole » (v. 44) et, réalisant qu’on ne pouvait refuser l’eau du baptême à ceux qui avaient reçu le Saint-Esprit, Pierre ordonna qu’ils soient baptisés (v. 47-48). Lorsque les apôtres et les frères de la Judée apprirent que les païens avaient aussi reçu la parole de Dieu, ils firent d’abord des reproches à Pierre (Actes 11:1-2), puis durent reconnaître que les païens avaient reçu le même Saint-Esprit qu’eux et que tous ensemble, ils formaient maintenant un seul Corps en Christ.
A Ephèse
Dans Actes 19, nous trouvons un autre cas particulier qui concernait douze disciples de Jean. Ces hommes n’étaient pas des chrétiens au sens habituel du terme. Ils avaient entendu le message de repentance annoncé par Jean-Baptiste mais pas l’Evangile annoncé par les apôtres. Ils n’avaient même pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit (Actes 19 :2). Ils furent donc baptisés d’un véritable baptême chrétien au nom du Seigneur Jésus et reçurent le Saint-Esprit (v. 6). Il serait à nouveau incorrect d’utiliser ce passage pour déclarer qu’aujourd’hui, on peut être baptisé et ne pas avoir reçu le Saint-Esprit. Il serait aussi faux d’impliquer que l’imposition des mains est une nécessité. Souvenons-nous que dans le cas des païens réunis dans la maison de Corneille, ils reçurent le Saint-Esprit sans imposition des mains et même avant d’avoir été baptisés d’eau.
Tous ces exemples nous montrent qu’on ne peut tirer de règle normative à partir de cas particuliers qui se réfèrent à des situations historiques différentes. En outre, ces événements se déroulaient dans une période transitoire entre la dispensation de l’ancienne alliance et celle de la nouvelle alliance. Aucun d’entre nous, par exemple, ne se trouve dans la situation des douze Ephésiens qui avaient entendu parler du baptême de Jean avant de connaître le baptême chrétien.
Ne commettons donc pas l’erreur de prendre les faits particuliers de la Pentecôte et des différentes expériences rapportées dans le livre des Actes pour en tirer une règle qui, sur tous les points, devrait régir la vie des chrétiens à travers tous les siècles. Tenons-nous-en plutôt aux enseignements clairs des apôtres rapportés dans les Epîtres.