

L’œuvre du sixième jour n’est pas simple. Nous pensons peut-être qu’un reptile n’est pas bien compliqué. Et pourtant, Dieu ne l’a pas créé au premier ou au deuxième jour, mais seulement au sixième jour. Il faut bien des préparatifs, beaucoup de travail et beaucoup de grâce pour faire apparaître un tel reptile. Quant à nous, il nous faut expérimenter bien des échecs, bien des souffrances et bien des humiliations. Ce n’est pas agréable, évidemment, mais très sain, et c’est une condition pour devenir un reptile. Il nous faut beaucoup de grâce pour cela et la croix doit beaucoup œuvrer en nous. La croix du Seigneur doit opérer en nous petit à petit, jusqu’à ce que notre moi si fier et orgueilleux soit conduit à la mort. Le baptême n’est que le commencement. Nous sommes baptisés et greffés dans sa mort, mais ensuite il nous faut encore être rendus conformes à sa mort. Dieu ne peut rien faire avec des orgueilleux, et personne ne peut le tromper, car il connaît tous les cœurs.
Nous lisons dans Luc 17:7-10 : « Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou paît les troupeaux, lui dira, quand il revient des champs : Approche vite, et mets-toi à table ? Ne lui dira-t-il pas au contraire : Prépare-moi à souper, ceins-toi, et sers-moi, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après cela, toi, tu mangeras et boiras ? Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné ? Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire » (Luc 17:7-10). Inutile est un mot très fort. Dans Matthieu 25:30, il est aussi appliqué à un esclave qui a enterré son talent : « Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Nous voyons donc : même si j’ai servi fidèlement et que j’ai tout fait, je ne suis pas meilleur que celui qui a enterré son talent et qui n’a rien fait. Cela ne correspond pas à nos concepts et c’est encore moins l’objet de nos pensées. Quand nous avons tout fait, nous voulons récolter des compliments, ne serait-ce qu’un tout petit, ou qu’on nous dise au moins merci. Et si personne ne reconnaît notre service, ou si l’on va même jusqu’à le critiquer, nous sommes offensés et nous nous retirons. Mais dans ce passage de Luc 17, le Seigneur nous donne un étrange conseil : « …Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles. » Il nous fait comprendre par là que nous sommes réellement des serviteurs inutiles – des vers, moins que rien.
Cette forme de vie est la condition nécessaire à la création d’autres formes de vie, c’est-à-dire le bétail et les animaux terrestres. Car si nous nous enorgueillissons après avoir servi, notre orgueil finira par détruire tout ce que nous avons fait, et notre service n’aura aucune valeur aux yeux du Seigneur ; il finira, au contraire, par détruire l’œuvre de Dieu. C’est justement l’orgueil qui piégea le diable. Il était le plus beau des anges, et Dieu lui avait confié la domination sur toute la création. Avant Genèse 1:2, il était le prince de ce monde. Le plus grand problème de ce bel ange, c’était l’orgueil, et c’est ainsi qu’il devint le diable. Cette maladie habite dans la chair de tout homme. Elle le rend incapable d’obtenir du succès ou des richesses sans devenir présomptueux. La vie du Seigneur est exactement le contraire. Il était le Très-Haut, et il est descendu d’en haut jusqu’à nous sur la terre. Nous, en revanche, nous sommes les moindres de tous, et nous voulons nous élever toujours plus haut. Aussi devrions-nous louer le Seigneur pour le ver. En sommes-nous capables ?